L'utilisation des embryons humains dans la recherche sur les cellules souches

Les cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) proviennent de la masse cellulaire interne des blastocystes humains. C’est dans cette masse cellulaire interne que l’on trouve et que l’on peut extraire les CSEh. L’extraction des CSEh fait partie de la recherche sur les embryons humains. Par conséquent, les questions d’éthique reliées à la recherche sur les CSEh chevauchent celles associées à la recherche sur les embryons.

Statut moral de l’embryon

La principale question d’éthique qui se situe au cœur des débats concernant la recherche sur les CSEh porte sur le statut moral de l’embryon. Il existe un certain nombre d’opinions légitimes mais incompatibles sur le statut moral et légal de l’embryon humain. Certains considèrent que l’embryon humain n’est qu’un regroupement de cellules qui ne diffère en rien des autres cellules de l’organisme. D’autres croient que l’embryon humain est une personne qui a le même statut moral et les mêmes droits qu’un nourrisson ou un adulte. Entre ces deux extrêmes se situe un point de vue intermédiaire selon lequel la vie débute au moment de la conception et la recherche sur les embryons doit être permise. Ce point de vue intermédiaire considère que les embryons sont spéciaux, qu’ils ne doivent pas être utilisés, qu’ils doivent être traités avec respect et que des limites et des restrictions doivent s’appliquer à leur utilisation.

Quels embryons devraient être utilisés pour la recherche?

La décision d’utiliser les embryons pour la recherche constitue un compromis entre le coût moral associé à l’utilisation d’embryons qui pourraient faire partie de la communauté humaine et le coût moral associé à la non-réalisation de recherches qui pourraient contribuer à améliorer les vies des enfants ou des adultes vivants. Une question controversée persiste, à savoir quels embryons peuvent et devraient être utilisés pour la recherche. Bon nombre de personnes et de pays croient que seuls les embryons excédentaires des traitements d’infertilité devraient être utilisés pour la recherche.

Lorsqu’une femme a eu tous les enfants qu’elle désirait ou lorsqu’un couple décide qu’il ne veut plus ses embryons, plusieurs options s’offrent à eux. Ils peuvent disposer des embryons; ils peuvent garder les embryons congelés pendant une période indéterminée; ils peuvent donner les embryons à la recherche, y compris la recherche sur les cellules souches; ou ils peuvent donner les embryons à d’autres couples infertiles pour qu’ils soient implantés afin de permettre à ces couples d’avoir un enfant. Puisque de nombreux embryons congelés sont finalement éliminés, certains couples considèrent qu’en donnant leurs embryons à la recherche, ils font en sorte que ces embryons n’aient pas été créés en vain. Les principaux enjeux entourant l’utilisation de ces embryons portent sur l’obtention du consentement informé sans abus d’influence et sans l’intervention de personnes pouvant être en conflit d’intérêts.

Embryons frais ou congelés

Un débat persiste dans le milieu canadien de la bioéthique sur l’utilisation d’embryons humains frais par rapport à l’utilisation d’embryons congelés pour la recherche sur les CSEh. La demande de don d’embryons frais est faite dans le contexte de traitements d’infertilité puisque c’est à ce moment que les embryons sont créés. Si certains de ces embryons sont donnés à la recherche et non congelés à des fins d’utilisation future, la femme devra subir un autre cycle d’hyperstimulation ovarienne et d’extraction d’œufs si elle requiert un autre cycle de FIV. Certaines prétendent que les cliniciens ont l’obligation de maximiser les probabilités de réussite des tentatives de reproduction effectuées par leurs patients et que tous les embryons frais devraient donc être utilisés à cette fin seulement. L’utilisation d’embryons frais non viables pour la reproduction pourrait résoudre ce dilemme, mais les défauts génétiques qui rendent ces embryons impropres à la reproduction pourraient également compromettre leur utilité pour la recherche.

Création d’embryons à des fins de recherche

La création d’embryons spécialement aux fins de recherche est une question qui revêt une importance particulière dans le contexte de la recherche sur les cellules souches. Deux principaux avantages de la recherche sur les cellules souches requièrent la création d’embryons ayant des propriétés particulières. Ces avantages sont l’autogreffe (transplantation à l’aide des tissus de la personne même) et la création de lignées de cellules spécifiques des maladies. La création d’embryons sans projet d’implantation est controversée et constitue un point de discorde majeur entre les politiques de recherche sur les embryons des différents pays du monde. La question d’éthique au cœur de cette controverse est la suivante : la création d’embryons à des fins entièrement instrumentales – pour la recherche – contrevient à la règle morale selon laquelle toute personne doit être traitée comme étant une fin en soi, et non comme étant un moyen de parvenir à une fin.

Vue d’ensemble des politiques de différents pays en matière de recherche sur les embryons

Certains pays, dont le Canada, ont choisi une approche intermédiaire ou mitoyenne entre les politiques très restrictives et très libérales en matière de recherche sur les embryons et sur les CSEh. D’autres pays, comme l’Australie, ont récemment libéralisé leurs politiques. Toutefois, la plupart des pays ont adopté une forme quelconque d’interprétation légale selon laquelle l’embryon est une forme de vie inférieure à une personne, mais qui a un lien spécial avec la communauté humaine. À ce titre, il doit faire l’objet d’un respect spécial par la limitation et la restriction de son utilisation pour la recherche. Malgré d’importantes différences en matière de politiques, certaines questions sont convenues ou rejetées par tous les pays qui tentent d’adopter une politique sur les cellules souches.

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