Religion et recherche sur les cellules souches
Partout dans le monde, un grand nombre de chefs religieux se sont prononcés sur l’acceptabilité morale de la recherche sur les cellules souches. Même si la recherche qui utilise des cellules souches adultes ou du sang de cordon est relativement non controversée, il n’existe aucun consensus sur l’acceptabilité d’utiliser des embryons humains pour la recherche et il n’existe donc aucun consensus sur l’acceptabilité de produire des lignées de cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) ou d’utiliser ces lignées de cellules dans la recherche. Il n’existe non plus aucun consensus sur l’utilisation du transfert de noyaux de cellules somatiques (TNCS) pour créer des lignées de CSEh ayant des caractéristiques spécifiques. Les obligations religieuses qui consistent à 1) respecter et protéger la vie humaine parce qu’elle est sacrée et 2) empêcher et atténuer la souffrance humaine créent de la tension lorsqu’on évalue l’acceptabilité morale de la recherche sur les CSEh en tenant compte de la religion. Une troisième obligation religieuse, qui consiste à protéger et à promouvoir la justice distributive en fournissant à tous l’accès aux traitements, établit certaines frontières ou limites quant à l’acceptabilité de la recherche sur les cellules souches.
Ceux qui présentent des points de vue religieux articulés sur la recherche sur les cellules souches mettent l’accent sur l’acceptabilité morale de la recherche sur les CSEh, et ils se demandent si les blastocystes sont considérées comme des personnes. En philosophie morale, une distinction est faite entre ce qu’est une vie humaine (par opposition à une vie non humaine ou à du matériel non vivant) et des êtres humains. Seuls les êtres humains ont un statut moral et le droit à la vie qui accompagne ce statut. Ainsi, les autres êtres humains ont l’obligation de ne pas causer de tort à ces êtres humains. La vie humaine, même si elle exige le respect, n’équivaut pas à une identité individuelle et n’a pas tous les droits en matière de protection qui s’y rattachent. Certaines religions acceptent cette distinction tandis que d’autres ne l’acceptent pas. Au sein même des principales religions du monde, il existe des points de vue très différents sur l’acceptabilité de la recherche sur les CSEh et cette controverse est presque entièrement attribuable aux points de vue différents en ce qui concerne le statut moral de l’embryon humain. Il est donc important de souligner qu’au sein même de toutes les principales religions, sans exception, il existe des groupes qui ont des points de vue différents sur la moralité de la recherche sur les CSEh.
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